Les concours de ‘Ori Tahiti

Si tu fais de la danse tahitienne depuis au moins 1 an tu as très certainement entendu parler des nombreux concours qui ont lieux en France, Outre-Atlantique et même en Polynésie Française. Ces événements rassemblent un nombre incroyable de danseurs, musiciens, chanteurs, orateurs, venus des 4 coins du monde, pour rendre hommage à la culture tahitienne et notamment au ‘Ori Tahiti. Si tu n’as jamais eu l’occasion de participer à un de ces événements, je vais t’expliquer pourquoi ils ont autant de succès et pourquoi ça peut être intéressant de tenter l’aventure.

Les différents types de concours

En danse tahitienne, il y a 2 grands types de concours : les concours dits « traditionnels », qui sont généralement organisés à Tahiti et dans les îles de Polynésie Française, puis, les concours « internationaux », qui sont organisés à travers le monde. Lorsque tu entends les noms de Heiva I Tahiti (souvent dit Heiva tout court), de Hura Tapairu ou encore de Tiurai, on parle de concours traditionnels. Lorsqu’on évoque le Heiva I Paris (plus connu sous le nom de HIP), le Heiva I San Diego ou encore de ‘Ori Tahiti Nui Competitions, on fait référence à des concours internationaux. Mais quelle est la différence ?

Les concours traditionnels

Les concours traditionnels durent plusieurs semaines. Les groupes – pouvant atteindre plusieurs centaines de personnes – se présentent avec danseurs, orateurs et orchestre. La musique est jouée en live, tous les textes sont en tahitien (ou dialectes des îles de la Polynésie) et une grande majorité des artistes sont d’origine tahitienne. A titre d’exemple, lors du Heiva I Tahiti, les catégories de meilleure danseuse et de meilleur danseur ne sont accessibles qu’aux personnes étant nées à Tahiti. C’est un peu comme aux JO, il faut que l’athlète ait la nationalité du pays qu’il représente.

Les spectacles et chorégraphies proposés sont souvent issus de légendes polynésiennes ou de rituels ancestraux. L’histoire du spectacle est écrite par un auteur, les musiques et chants sont créés pour l’occasion… L’objectif de ces concours est vraiment de mettre en avant de nombreux pans de la culture tahitienne. On y retrouve donc la langue, la danse, la musique, l’artisanat, la confection de costumes traditionnels, l’histoire, les légendes, etc.

NB : Le Hura Tapairu est un peu différent du Heiva I Tahiti car plus moderne dans son approche et dans ce qu’il autorise d’un point de vue artistique. Mais il reste tout de même un excellent vecteur de la culture tahitienne.

Les concours nationaux et internationaux

Les concours de ‘Ori Tahiti qui ont lieux à travers le monde sont différents des concours traditionnels. Ils se font généralement sur un weekend. Les groupes qui y participent sont beaucoup plus petits. Ce type de compétition autorise des troupes d’une dizaine de personnes. En général, une troupe y présente un ‘ōte’a et un ‘aparima de 2 à 3 min sur musique enregistrée (contre tout un spectacle ou un tableau d’une dizaine de minutes en concours traditionnels).

Tous les danseurs et danseuses ont la possibilité de se présenter en solo, peu importe leur niveau et leur lieu de naissance. Les solos sont souvent des improvisations ‘ōte’a sur percussions live. D’un point de vue culturel, ces concours sont moins riches. On y pratique surtout la danse tahitienne. Il n’y a pas de catégories  « meilleur orchestre », « meilleur auteur », etc… Seul le ‘Ori Tahiti et les costumes y sont jugés.

Aujourd’hui lorsqu’une troupe, une danseuse ou un danseur français souhaite se challenger un peu, ils participent au Heiva I Paris ou au Heiva International. Ce sont les deux seuls concours existants en France à ce jour. Ils permettent aux meilleurs de représenter la France lors de concours internationaux plus prestigieux qui ont lieu à Tahiti. Dans cet article on parlera des concours nationaux et internationaux.

Pourquoi participer ?

Avant de comprendre pourquoi on est si nombreux à participer à ce genre d’événement, il faut comprendre ce qui fait avancer les danseurs dans leur passion et leur pratique, et ce qui les motivent. Pour cela je vais prendre appui sur les différents profils que j’ai au sein de mes cours.

Dans cette série d’articles, je vais te parler de tout ce qui m’a aidé, de mes différentes préparations, ce qui a marché, ce qui a un peu moins fonctionné…

3 profils de danseuses

Mes cours sont composés de plusieurs profils de danseuses :

  • La challengeuse. C’est celle qui a le gout du défi et du challenge et qui cherche toujours à se mettre en danger. C’est ça qui la fait avancer et progresser. Son leitmotiv à elle c’est de se dépasser ! Aller toujours plus loin, toujours plus haut !
  • La passionnée. C’est la danseuse qui adore apprendre et progresser sans trop se brusquer. Le spectacle de fin d’année c’est déjà suffisant pour sortir de sa zone de confort. Son objectif annuel est de faire mieux que l’année passée lors du gala. Point trop n’en faut !
  • La sportive. Celle qui vient se dépenser avant tout. La danse tahitienne c’est géniale mais surtout quand ça fait transpirer. Elle a à cœur de progresser évidemment, mais elle vient surtout pour bouger ! No pain, no gain !

NB : il est tout à fait possible de combiner plusieurs profils.

Et lors de ces évènements annuels que sont les compétitions de danse tahitienne, on retrouve principalement des challengeuses et des passionnées. La passionnée osera moins se présenter en solo, mais se lancera en troupe car elle est avec ses copines et que l’élan du groupe la porte.

Chacun son leitmotiv

En fonction du profil de la danseuse, les motivations qui poussent à participer à un concours ne seront pas les mêmes. La challengeuse va y chercher une occasion de travailler dur, de se dépasser mentalement et physiquement. Ça va être pour elle l’occasion de mettre en place un training at home, de prendre des cours particuliers avec des championnes et elle aime ça. Ça la booste !

La passionnée va également y voir l’occasion de se dépasser mais aura plus de mal à se lancer dans la compétition solo par exemple. Elle va douter, se remettre en question, ne pas trop savoir par ou commencer mais sa passion finira par l’emporter. Quitte à y aller pour se présenter en troupe, c’est peut-être le moment ou jamais de se challenger aussi !

Et toi Alex, pourquoi tu t’es lancée dans les compétitions ?

Quand j’ai démarré les concours en 2017, j’avais clairement le profil de la passionnée. On allait faire le HIP en troupe et mes copines m’ont demandé si je pensais me présenter au solo… Elles n’avaient même pas fini de poser la question que la réponse était évidente pour moi : NON ! Puis, à force d’encouragements et d’envies secrètes (parce qu’il faut être honnête, on est nombreux à avoir l’envie de tenter les concours solo) j’ai fini par dire BANCOOOOO !

La première année je me suis préparée physiquement et mentalement, la seconde année j’ai préparé l’impro et la troisième année je me suis préparée techniquement. Ma progression a clairement décollé depuis que je me prépare aux concours. C’est ce qu’il y a de plus formateur à conditions de se préparer correctement (physiquement et mentalement) et d’être bien accompagné si on ne sait pas comment s’y prendre. Et aujourd’hui je suis passée dans la catégorie challengeuse. Chaque année, quand je vais au HIP c’est pour me donner une raison de travailler et de me dépasser !

Puis, c’est vraiment une occasion en or de rencontrer des gens passionnés, des stars du ‘Ori Tahiti, de voir des costumes somptueux, de danser sur des scènes mythiques avec des musiciens, de faire des workshops avec la crème de la crème de la danse tahitienne. Et d’un point de vue humain, c’est une expérience de fou ! En coulisse tout le monde est bienveillant, s’encourage, se félicite. Sans parler du public qui est fantastique. Au delà de la compétition, c’est avant tout un rassemblement de passionnés de la culture tahitienne et du ‘Ori Tahiti.

Oui, mais j’ose pas me présenter !

Je ne connais que trop bien ce sentiment d’illégitimité, de manque d’assurance… On se dit que concours = élite. Alors oui, c’est peut-être valable dans d’autres danses, comme le classique, le contemporain, car il y a énormément de pratiquants. Aujourd’hui, dans les concours français de ‘Ori Tahiti il y a vraiment de tous les niveaux. On y rencontre l’élite de la danse tahitienne en effet, mais on y rencontre surtout une masse de danseurs passionnés qui viennent pour s’amuser. S’il n’y avait que l’élite du ‘Ori Tahiti qui dansait en concours, ça serait bouclé en 1 soirée. Il faut vraiment oublier cet aspect concours pour le voir comme une occasion de se challenger. C’est une compétition contre soi, contre cette petite voix qui nous crie qu’on est pas capable et qu’on va se ridiculiser. Crois-moi, participer à un concours comme le HIP ça va booster ta motivation et ça fera de toi une meilleure danseuse qu’hier !

Pour celles qui pensent ne plus avoir l’age, ne pas avoir le physique, la bonne couleur de cheveux ou de peau… Encore une fois, on parle de concours internationaux qui sont surtout fait pour un public non tahitien. Donc exit les excuses de blondes et de blanches (d’ailleurs Moena a été durant de nombreuses années la reine du ‘Ori Tahiti sans avoir une chevelure noire de jais et une peau couleur café…). Pour ce qui est de l’age, il y a des catégories d’ages dans chaque concours. Donc, no stress, si tu as la quarantaine et que tu as envie de te lancer, tu ne danseras pas à coté d’une minette de 20 ans ! Puis pour les complexes un peu plus profonds comme la corpulence ou la taille, j’ai envie de te dire que c’est l’occasion ou jamais de dire f*ck à tout ça. De mettre de côté ce qui te parait être des faiblesses et de booster tes forces ! C’est avant tout ça un concours, une bataille contre soi pour devenir une meilleure version de nous-même non ?

Allez, avoue… tu penses à te lancer ! Si jamais tu y réfléchis et que ta seule peur et de ne pas savoir comment t’y prendre, no panic ! Cet article est le premier d’une série ou je vais te parler préparation (physique et mentale), costumes, gestion de l’impro, jour J etc… Tu auras toutes les armes qu’il te faut pour sauter le pas en toute sécurité. Et on en reparlera de vive voix après ton passage au HIP en octobre, j’y serais aussi 😉


Et toi, as-tu déjà participé à un concours de ‘Ori Tahiti ? Comment ça s’est passé ?
Partage ton expérience en cliquant ici


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3 commentaires sur “Les concours de ‘Ori Tahiti

  1. C’est vraiment très intéressant.
    Merci pour ces précisions
    Je ne savais pas qu’au Heiva I Paris il y a plusieurs catégories de niveau et d’âge.
    Pour ma part, je suis une novice de 37 ans mais bon ça peut être un beau challenge pour les 40 ans hahaha
    En tout cas, j’ai hâte de lire les autres articles.
    Belle journée

    Aimé par 1 personne

    • Merci Eléonore pour ton retour 🙏😊. Eh oui c’est vraiment accessible à tous et c’est tellement intéressant de le vivre au moins une fois. Tu as raison c’est un super challenge pour les 40 ans et en plus ça te laisse quelques années pour te perfectionner et être au top 😉. Très belle journée à toi aussi.

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