Se préparer aux coucours de ‘Ori Tahiti

Si tu as lu le premier article de la série « Heiva » et que tu lis celui-ci, c’est qu’il a de très fortes chances qu’on se croise en octobre dans les coulisses du Casino de Paris. Si tu fais partie des futures participantes au Heiva I Paris (HIP) et que tu ne sais pas trop comment t’entrainer pour être au top le jour J, tu es au bon endroit ! Dans cet article je te propose de parler préparation : physique, technique et mentale. Mais avant ça, faisons un petit état des lieux.

Faire le bilan

C’est le casse-tête de nombreuses danseuses qui se lancent dans les concours de ‘Ori Tahiti : par où commencer ? Question à laquelle j’ai bien envie de répondre : par le début. Un concours est fait pour évaluer avant tout la technique des compétiteurs. Manouche Lehartel, présidente du jury du HIP, et Tumata Robinson répètent inlassablement chaque année qu’il faut avant tout mettre en avant ce que l’on sait faire correctement. Il faut montrer le meilleur et laisser de côté ce qui n’est pas maîtrisé. C’est pour cette raison que je te conseille de faire un petit état des lieux avant de commencer ta préparation.

Ou en es-tu dans ta danse ?

Pour répondre à cette question, tu peux lister tous les pas que tu connais et cocher ceux que tu penses maîtriser, ceux que tu es en passe de maîtriser et ceux que tu as envie de maîtriser pour le jour J (je les appelle les « pas challenge »). Cette petite liste va te permettre d’orienter ta préparation. Si dans tes pas challenge tu as mis le nu’u tīfene par exemple, tu ne vas pas préparer ton corps de la même manière que si tu souhaites seulement améliorer ton fa’arapu et travailler certaines variantes de ce pas. Il est donc important de savoir où tu souhaites aller.

Attention, il est important de ne pas vouloir en faire trop non plus : 3 ou 4 pas challenge maximum. En fonction de ton niveau et de ta vitesse d’apprentissage, tu peux même ne vouloir te challenger que sur 1 ou 2 pas. Et tu as raison ! Garde à l’esprit qu’il vaudra toujours mieux une prestation simple mais bien exécutée qu’un enchaînement compliqué et non maîtrisé.

Quels sont tes points forts ?

Hé oui, s’il faut montrer le meilleur, il faut que tu sois consciente de tes atouts afin de pouvoir les mettre en avant sur scène. Alors exit les peurs d’être narcissique en faisant la liste de tes qualités de danseuse. On en a toutes et en prendre conscience te fera grandir et te permettra de révéler tout ton potentiel.

Les points forts peuvent être de tout ordre : tu peux avoir un physique athlétique ou être mince (hé oui, il ne faut pas se leurrer, c’est un atout), avoir de beaux cheveux, être souriante, être à l’aise avec les pas au sol, être expressive, gracieuse, etc… Tout ce que tu aimes chez toi doit être mis en avant. Cela te permettra de prendre confiance en toi, puis encore une fois, il faut te montrer sous ton meilleur jour.

Que fais-tu de tes faiblesses ?

Oui, je sais malgré nos points forts, il y a toujours quelques faiblesses qui peuvent apparaître et sur lesquelles on ne peut pas toujours agir. Eh bien, il faut apprendre à dompter ses complexes (et en faire des forces si possible). Si par exemple, tu es une fille pulpeuse avec des rondeurs, apprends à en jouer, façon pin-up, travaille ta grâce, ta générosité dans les expressions. Si tu es une fille de grande taille, tu attireras plus l’attention. Tu as donc tout intérêt à utiliser cela pour que l’on te voit. Si tu es blonde, mets-le en avant pour te démarquer des autres.

Tous tes complexes, toutes tes faiblesses, s’ils sont bien exploités, peuvent devenir insignifiants. Il faut juste que tu en prennes conscience et que tu te demandes comment il est possible de détourner l’attention sur autre chose, ou comment en tirer profit. Par exemple, je suis petite (je ne dépasse pas les 1m60, pour te dire). Pour compenser je porte de grandes coiffes, je porte des couleurs qui attire l’œil, j’amplifie mes gestes et mes mouvements, je me déplace. Pour contrer cette faiblesse je dois prendre de la place sur scène et tous les moyens sont bons pour y parvenir.

La préparation

Une fois ton bilan fait, il est temps de passer au plan d’attaque, de te créer un petit programme pour te préparer physiquement, techniquement et mentalement.

La préparation physique

C’est la partie que nombre de personnes détestent (moi la première) et pourtant elle est primordiale. Je veux bien entendu parler de la préparation physique. Tu sais c’est la partie ou tu dois faire des squats, des fentes, des abdos… Cette partie du training ou tu souffres en te demandant pourquoi tu t’infliges ça. Eh bien je vais te dire pourquoi : pour te faciliter la vie et préserver ton corps. Le fait de te muscler correctement te permettra de gagner en aisance, en force et en endurance. Tu t’épuiseras moins vite (c’est important pour tenir la distance durant les quelques mois de préparation qui t’attendent) et ton corps sera prêt pour certains mouvements difficiles et exigeants comme le tīfene par exemple.

C’est une phase de la préparation qu’il ne faut pas négliger et il est surtout important de savoir quoi faire et comment le faire. Il n’y a rien de pire qu’un mouvement de fitness exécuté de manière incorrecte et répété à longueur de mois. C’est dangereux pour ton corps et les résultats ne seront pas au RDV.

Se muscler pour progresser en ‘Ori Tahiti

C’est pour cette raison que j’ai fait appel à une copine coach sportive. Je lui ai demandé de préparer une séance de 10 min top chrono (10 min ça passe vite, donc pas d’excuse !) qui cible les chaines musculaires que nous sollicitons beaucoup en ‘Ori Tahiti. Elle nous a donc concocté une séance ou s’enchaînent 40 secondes d’effort et 20 secondes de récupération. On y travaille les fessiers, les cuisses, les abdos, le dos, le buste… Tu peux te contenter de faire le circuit 1 fois, mais tu peux également l’enchaîner 2 ou 3 fois. C’est toi qui vois !

Tu trouveras la séance juste ici, avec toutes les recommandations, tous les conseils pour exécuter chaque mouvement et travailler au mieux. N’oublie pas de t’étirer à la fin de chaque training que tu fais. C’est très important pour garder ta souplesse.

Merci Marie Line pour ton aide !

La préparation technique

Le bilan fait en début d’article va-t-être très utile pour la préparation technique. Ça va être ton fil rouge. Je te conseille de te préparer une petite séance qui reprend les bases, histoire de ne pas les négliger. Puis qui va également te faire travailler sur les pas en cours de maîtrise et les pas challenge.

Tu peux par exemple t’échauffer en travaillant les 5 pas de base lentement et en statique (si jamais tu les as loupés, tu trouveras les tutos des 5 pas de base ICI). L’idée étant de réveiller ton corps, de travailler l’amplitude, la technique profonde du mouvement (sentir les appuis, le travail des genoux, des hanches). Puis tu enchaînes avec le travail technique des pas challenge : les comprendre, les effectuer lentement, les travailler plus rapidement.

Une fois ton corps chaud tu peux t’armer de ta ceinture de sable (tuto et article ICI) et te faire une session fa’arapu en cherchant à travailler le mouvement en force, avec de la vitesse, en fractionné… l’important c’est de varier ta façon de travailler pour progresser de manière large.

Puis tu peux finir avec un ou deux combos pour travailler les enchaînements de pas, notamment les pas challenge. Pour démarrer, si tu n’as pas d’inspiration, je te propose de regarder mon second cours en ligne ICI, je propose 3 combos en fin de cours. Tu peux également travailler sur une chorégraphie que tu maîtrises déjà afin de te focaliser sur l’attitude, le port du buste, la grâce, etc.

Se faire aider

Il n’est pas toujours facile de se créer soi-même un programme de préparation technique. Ça demande de savoir s’analyser et de savoir travailler seule. C’est pourquoi il peut être utile d’avoir recours à des professeurs pour avoir un avis objectif, se rassurer, se mettre sur la bonne voie. Je t’encourage donc, si tu doutes de tes capacités d’auto-analyse, de faire appel à un professeur pour te donner un coup de main. Aujourd’hui, avec la visio, c’est simple de prendre un cours particulier à distance. Je t’en parlerai plus largement dans un prochain article.

La préparation mentale

Participer à un concours ce n’est pas anodin. On sait que l’on va être jugé, comparé. Ce n’est pas une scène comme les autres et cet aspect-là peut vite devenir un frein pour de nombreuses danseuses. En plus, on y présente une improvisation. Alors si tu es du genre timide et maniaque du contrôle, une petite préparation mentale te permettra d’aborder cet événement de manière un peu plus sereine.

Gérer son stress

Le premier conseil que je peux te donner c’est de trouver la manière la plus appropriée pour toi de gérer ton stress. Que cela soit par la méditation, la visualisation, la sophrologie ou encore la respiration… essaie différentes choses et trouve celle qui te convient le mieux pour t’aider le jour J (et les précédents). Plus tu seras zen, plus tu pourras apprécier l’expérience. C’est super important ! Personnellement, je suis plutôt adepte de la visualisation. Ça ne demande pas de matériel ni de connaissance particulière. On cherche juste à visualiser ce que l’on souhaite voir se produire. N’oublie pas de visualiser tes points forts !

S’accepter et se dépasser

C’est là qu’intervient la seconde partie du bilan et notamment le point sur nos faiblesses. Présenter un solo, c’est se mettre à nu. Et il est important d’être à l’aise avec soi, de s’accepter. Et quand on manque de confiance en soi, qu’on ne voit que ses défauts, il peut être intéressant d’utiliser des techniques de développement personnel ou d’aller voir certains thérapeutes pour s’aider.

Pour mon premier HIP, j’ai fait plusieurs séances d’hypnose. J’avais une peur bleue de l’improvisation… Me retrouver sur scène et ne plus savoir quoi faire, me laisser submerger par ma peur, par mon stress et rester là, tétanisée. Et l’hypnose a été un réel soutien pour aborder tout cela plus sereinement. Si jamais tu n’es pas à l’aise avec ton corps, que tu es profondément timide, ça peut également t’aider. L’hypnose va te permettre de dépasser tous tes freins, tes complexes, tes peurs.

La préparation a un concours n’est pas anodine, elle demande de s’intéresser à beaucoup de pans de notre vie, de notre corps et de notre esprit. Et c’est en cela que la participation à ce type d’événement est intéressante. Elle te permet d’avancer dans ta vie de danseuse mais également dans ta vie personnelle. Tu vas très certainement te découvrir, te révéler sur certains points. Puis ça demande de la rigueur, de la constance, de l’assiduité. Tu ne peux donc que progresser.


Dans le prochain article on abordera la préparation de l’improvisation. On y verra différentes manières de te préparer en fonction de ton niveau, de tes attentes… D’ici là, tu peux commencer ta préparation physique, technique et mentale. Garde bien ton bilan dans un coin, il te sera également utile pour le prochain article.

Et toi, comment te prépares-tu pour les concours ? A quoi ressemble ton programme d’entrainement ?
Partage ton expérience en cliquant ici


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