Mon Heiva i Paris 2020 avec Mahaora

As-tu déjà entendu parlé du Heiva I Paris ? Le HiP est LE rendez-vous annuel du ‘Ori Tahiti en Europe. Des danseurs et danseuses des 4 coins de la France (et même du monde) s’y retrouvent chaque année pour concourir dans différentes catégories. Et cette année, j’y ai participé avec la troupe Mahaora de Vainui Duberne.

La troupe

Mahaora est le nom qu’a donné Vainui à son groupe de danse lors de sa création il y a quelques années. Depuis peu, Vainui a pris le parti de réunir des danseuses de toute la France pour agrandir les rangs de sa troupe. Nous étions donc 9 danseuses à venir des 4 coins de la métropole pour représenter les couleurs de Mahaora. Certaines venaient de Toulon, de Marseille, d’autre d’Angoulême, certaines de Mulhouse… L’idée de Vainui était de rassembler des filles avec cette même passion pour le ‘Ori Tahiti.

Nous étions toutes des danseuses avec « quelques » années de danse dans les pattes et la plus part avaient déjà fait le Heiva I Paris à plusieurs reprises : en catégorie solo ou troupe. Certaines étaient même tenantes de titres, comme Mareva Bouchaux ou Clémence Augier.

Travail à distance

Nous nous retrouvions donc chaque vendredi soir sur Zoom (application de visioconférence) pour 2h de ‘Ori Tahiti. Nous avons appris et travaillé la chorégraphie ‘ōte’a que nous voulions présenter par ce biais. Pas toujours simple de s’y retrouver entre la gauche et la droite, les décalages de son, mais on finit par s’y habituer. C’est également difficile de se motiver en étant seule devant son écran (si tu suis des cours en ligne, tu sais de quoi je parle). Mais ça permet de pouvoir lancer de tels projets qui ne seraient pas possible sans la technologie.

Nous nous retrouvions donc une fois par semaine en visio et le reste du temps nous nous entrainions seules. La chorégraphie était difficile et il fallait pouvoir tenir d’un point de vue musculaire et endurance. Pour cela, chacune mettait en place des sessions personnelles. Pendant ces training persos, j’ai principalement travaillé la force des cuisses et la souplesse du dos afin de pouvoir enchainer les montées et descentes et exécuter sans difficulté le pi’o kua (mouvement du hula hawaiien).
Plus le concours approchait, plus Vainui nous demandait de danser la chorégraphie. Sur les dernières semaines, nous devions la faire 3 fois d’affilée chaque jour. Cela permettait à notre corps de s’habituer à l’effort et à gagner en endurance. Je me levais donc chaque matin pour faire ma séance de yoga et j’enchainais avec le ‘ōte’a.

Afin, qu’il y ait une uniformisation entre chaque danseuse, Vainui formait des binômes. Nous devions nous filmer après la répétition ou pendant nos training personnels, entrain de danser cette chorégraphie afin de l’envoyer à notre binôme. Elle y apportait les corrections et précisions nécessaires. C’est un excellent exercice ! Cela nous force à nous mettre dans la peau d’un professeur, du jury, pour chercher les petites choses à améliorer. Et en corrigeant l’autre, on se corrige soi-même également.

Weekends intensifs

Certains weekends, nous nous retrouvions chez Vainui à la frontière suisse. Ceux-là nous permettaient de mettre en place les déplacements, d’aider pour les costumes (car on a eu la chance inouïe d’avoir des costumières) et créer du lien entre toutes les danseuses. Ces weekends étaient intenses. On commençait à danser le matin vers 9 ou 10h et on arrêtait vers 18h. Une douche, une bière et on se lançait sur les costumes jusqu’à tard dans la nuit. Heureusement, les chéris étaient là pour prendre soin de nous, nous faire à manger, etc… Et on remettait ça le lendemain. C’était physiquement éprouvant. #Danse, #tresse, et #recommence.

Ce que j’ai appris

Cette expérience a été enrichissante en tout point : je pense avoir progressée dans ma danse évidemment, mais j’ai également grandi et affiné mes souhaits en tant que danseuse.

La bienveillance envers moi-même

Le style de Vainui est exigeant. Et elle l’est tout autant. Cela te pousse donc à sortir de ta zone de confort. Et pour cela, tu es obligée de te dépasser physiquement et mentalement. Cela m’a souvent découragée… J’ai souvent eu envie de baisser les bras, de tout arrêter car j’étais frustrée d’y mettre toute ma volonté et ma motivation et de ne pas y arriver comme je le voulais… Ç’a été un très gros travail sur moi. J’ai dû mettre de côté mon perfectionnisme, mes exigences envers moi-même. On en rigole souvent avec des copines, mais je pense que mon crédo durant ces mois de préparation c’était : « j’ai plus l’âge pour ces conneries ». Il ne faut pas se le cacher, le corps morfle et le mental aussi. Et je n’y étais pas vraiment préparée.

Trouver ma place

Le challenge de cette aventure était aussi de trouver sa place au sein de la troupe. Personnellement, j’ai besoin de sentir que j’apporte quelque chose au sein d’un groupe pour m’y sentir bien. Et la distance complique clairement les choses de ce côté-là. On ne se voyait pas régulièrement. Et nos seuls moments toutes ensembles étaient les weekends dédiés aux répétitions et aux costumes. Tu apprends donc à connaitre tes teamates entre deux pas compliqués, le tressage d’une couronne, les larmes de fatigue et quelques bonbons pour se redonner la pêche. Eh bien, ce genre de choses, crois-moi, ça soude ! Heureusement, on prenait toujours le temps de passer quelques moments autour d’un verre et d’un petit truc à grignoter pour s’évader un peu et casser le rythme effréné de ces weekends.

Ma plus grosse difficulté

Lorsqu’on intègre une troupe, il faut accepter de se laisser driver. Hinemarama, la troupe dont je faisais partie avant d’intégrer Mahaora, était surtout une bande de copines. Pauline, la cheffe de troupe, était plutôt ouverte aux idées des autres, laisser chacun prendre sa place comme il l’entendait. Chez Mahaora, les choses étaient plus cadrées et on venait en tant que danseuse. Il n’était donc pas question de faire des suggestions sur la choré ou sur les costumes. Et pour quelqu’un comme moi, qui aime discuter, débattre et qui n’aime pas qu’on lui impose les choses… faire et ne rien dire était très très compliqué. Si je devais entrer dans l’armée je ferais un très mauvais soldat, crois-moi.

Cet aspect-là aura surement été le plus difficile à gérer pour moi. De plus, Vainui accompagne et materne énormément ses danseuses. Elle veut leur prodiguer les meilleurs conseils, les faire avancer le plus loin possible, leur transmettre toutes ce qu’elle sait. Du coup, pour quelqu’un qui aime l’indépendance et l’autonomie comme moi, c’était pas toujours simple de répondre favorablement à ses volontés. Plusieurs parties de moi-même se sont affrontées durant ces quelques moi. J’ai donc appris à me taire et suivre le mouvement. Enfin… pas sure que l’objectif soit complétement atteint.

Il ne faut pas se le cacher, le corps morfle et le mental aussi. Et je n’y étais pas vraiment préparée.

Le jour J

J’ai eu l’occasion de danser quelques fois en troupe pour ce concours et c’est la première fois que je me suis sentie aussi détendue. J’avais confiance et je me suis laissée portée par le groupe. #lacherprise Je savais que nous avions fait le max pour être au top et qu’il ne restait plus qu’à kiffer le moment. Et c’est ce que j’ai fait. C’est la première fois que j’arrive à voir le temps s’égrainer quand je suis sur scène. Habituellement je n’ai pas le temps de dire ouf que c’est déjà fini. Cette fois-ci j’ai pu en profiter chaque seconde.

Ce qui a changé la donne à mes yeux, c’est que nous étions un groupe. Pas une masse d’individualités, mais une troupe. Nous n’étions pas Vainui et ses danseuses. Nous étions Mahaora. Et ça procure une énergie calme, douce… Tout ce stress qu’on ressent lorsque l’ego se sent mis en ballotage par l’épreuve qui l’attend, est ici dissout par cette synergie. On rentre sur scène toutes ensembles et on va toutes donner le meilleur. Cette scène est l’apogée de longs mois de préparation, d’apprentissage, de sacrifices, de remises en question, de rires, de larmes, de souffrance, de joie, d’excitation… et tout ce joue maintenant ! Nous finissons 3e en catégorie ‘ōte’a et mes teamates finissent 1e en ‘aparima.

Ce que j’ai aimé

Cette expérience aura surement été la plus difficile de ma vie de danseuse. Mais c’est aussi pour cette raison qu’elle en devient belle. J’ai tellement morflé mentalement et physiquement que je suis fière d’avoir été au bout du processus.

J’ai aimé chaque fille avec qui j’ai eu la chance de danser. Chacune avait son petit quelque chose, son grain de folie… j’ai aimé les debriefs d’après répétition ou on se retrouvait toutes assises en cercle à exprimer nos ressentis, nos émotions. J’en ai lâché des larmes à écouter mes teamates se mettre à nu et exprimer leurs craintes, leurs frustrations, leurs réussites, leurs joies… tout en redoutant le moment ou ça serait à mon tour de prendre la parole.

J’ai été touchée par les aides et attentions des uns et des autres. Au départ, Mahaora au HiP, c’était l’aventure de 9 danseuses. Et c’est devenu celle de notre entourage, de toi, de vous… on s’est senties énormément soutenues. Nos chéris se sont transformés en intendants, les copines et élèves en costumières, les mamans en dealeuse de matière première… et tant encore. C’était juste waouh de vivre cette aventure avec tous ces gens, avec vous tous.

Cette expérience aura été riche d’apprentissage et je remercie chaque personne qui a partagé un bout de ces moments avec moi. J’y ai appris à me connaitre, à savoir ce qui me faisait vibrer et m’animait au plus profond. Maintenant, il est temps de tourner cette page de ma vie de danseuse pour me lancer à corps perdu dans d’autres aventures. Tu me suis ?

Retrouve l’intégralité des finales du Heiva I Paris 2020 juste ICI


Et toi, quelle a été ton experience la plus significative en tant que danseuse ? Que t’a-t-elle appris sur toi ?
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