Fa’arapu vs. fa’arori

Le fa’arapu c’est le pas phare de la danse tahitienne. C’est le mouvement que l’on cherche toujours à améliorer, à accélérer, à amplifier dans le but d’avoir le même fa’arapu que notre danseuse préférée. Et pourtant, savais-tu que l’on n’utilise pas toujours le nom de ce pas correctement ?

Eh oui, le fa’arapu a un cousin germain : le fa’arori. Tu pourras souvent entendre le mot ueue, qui n’est pas un pas répertorié par le conservatoire de Polynésie Française. Il va donc être différent d’une école à l’autre, mais en général, lorsqu’on parle de ueue, on veut en réalité parler de fa’arori. Mais quelle est la différence entre ces mouvements ?

Le nom des pas

En ‘Ori Tahiti, les noms donnés aux pas sont des mots de la langue tahitienne qui ont une signification en dehors de ce contexte précis. Par exemple, le ‘afata, mouvement ou l’on vient taper dans les diagonales avec son bassin, signifie « boite ». On vient donc taper dans les angles d’une boite #CQFD Idem, pour le varu, qui signifie 8 en tahitien. Et il est en est de même pour nos 3 pas :

Il y a donc une légère différence sur la définition des mots. Le fa’arapu fait référence à un mouvement à priori circulaire, plat. Alors que le fa’arori ou le ueue renvoient plus vers un mouvement énergique qui part dans tous les sens. Et c’est un peu ce qui se passe dans le corps lorsqu’on effectue ces pas.

Quelles différences techniques ?

D’un point de vue technique, le fa’arapu est donc un mouvement qui s’effectue sur le plan horizontal. On creuse le ventre, on utilise ses genoux, les appuis sont changeants et répartis sur l’ensemble du pied en fonction du mouvement. C’est un mouvement qui peut être effectué à différentes vitesses. Lorsqu’il est vu de loin et de dos, on a l’impression que les hanches ont un mouvement de vague. C’est un mouvement plutôt souple et avec une amplitude modérée. Lorsqu’on compte une choré, le fa’arapu se compte sur le ventre.

Lorsqu’on parle de fa’arori (ou de ueue) on est sur un mouvement plutôt vertical. On cherche à donner un coup vers le haut avec les fesses (tout en gardant un mouvement circulaire). On ne creuse plus le ventre, les genoux sont moins fléchis et on cherche plutôt à tendre les jambes pour donner cet à-coup vers le haut. Concernant les appuis, on est plutôt sur les talons. Ce mouvement est exécuté de manière très rapide et on ne cherche pas l’amplitude. C’est un mouvement énergique que l’on pourrait comparer à une machine à laver. Tu sais quand tu regardes à travers le hublot et que tu vois ton linge se faire malmener dans tous les sens. Lorsqu’on compte une choré, le fa’arori se compte sur les fesses.

Ce qui va vraiment faire la différence entre ces deux pas sont la vitesse d’exécution. Beaucoup de danseuses effectuent un fa’arapu lorsqu’elles sont sur leur rythme de croisière. Et passe en fa’arori lorsqu’elles cherchent à monter en vitesse. Le fa’arori est certes un pas à part entière mais il est avant tout la conséquence de la prise de vitesse du fa’arapu.

Plutôt fa’arapu ou fa’arori ?

Même si ces deux pas se ressemblent énormément, ils ne se travaillent pas de la même façon et ne sont pas utiliser de la même manière.

Le costume, la choré, le rythme

Tout d’abord, le type de costumes va avoir son importance dans le choix du mouvement. Si tu portes un paréo roulé, le fa’arori sera plus adapté. Car le paréo roulé amplifie les mouvements quels qu’ils soient et donnera l’impression que tes fesses remontes beaucoup plus haut. Si tu portes un paréo plat, il vaut mieux choisir le fa’arapu. Comme ce type de paréo n’amplifie pas les mouvements du bassin, il vaut mieux opter pour l’amplitude et la souplesse. Idem, si tu utilises un more. Le fa’arapu est préférable pour donner amplitude et mouvement à la jupe.

La choré et le rythme vont également jouer dans ce choix. Si tu es sur un rythme lent et qu’on ne te demande pas de rouler le plus vite possible, le fa’arapu sera surement le plus intéressant visuellement. Alors que si le rythme de la musique est effréné, il est préférable de passer sur un fa’arori pour essayer de suivre le rythme de la musique pour que ça soit plus percutant.

Comment travailler ces deux pas ?

Comme tu peux le voir, la différence entre le fa’arapu et le fa’arori est subtile mais elle existe. Et il va donc falloir travailler ces pas de manières différentes.

Pour travailler ton fa’arapu il va falloir mettre l’accent sur le ventre, les cuisses et l’amplitude. Il faut donc travailler la souplesse, les abdos et les quadriceps. Pour cela, on exécute chaque exercice dédié en étant très fléchi-e (ça fait chauffer les cuisses), on amplifie le passage au niveau du ventre en travaillant la contraction et l’extension des abdos droits et on travaille la souplesse du bassin lentement. Trouve ta vitesse de croisière, celle où tu te sens à l’aise pour rouler « sans presque aucun effort » pendant plusieurs minutes et amplifie, fluidifie ton mouvement à cette vitesse.

Pour améliorer ton fa’arori, il va falloir axer sur l’endurance. Ce mouvement étant exécuté de manière rapide, il va donc falloir habituer ton cœur à fournir un effort intense du tac-o-tac. Pour cela, pas de secret : faire, faire, faire. Travaille en fractionné et sur des périodes plus longues. Le fa’arori, une fois maitrisé, va demander moins d’efforts d’un point de vue musculaire, car il ne nécessite pas d’être très fléchi-e ou d’amener le bassin devant. Par contre, c’est le cœur qui va prendre le relais, alors il faut bien s’entrainer pour tenir sur la durée.

Veille toujours à travailler ces deux pas. Même si un des deux te parait plus évident, il est important de maitriser les deux. Cela te permettra d’être à l’aise quel que soit le rythme de la musique, de pouvoir jouer en fonction du costume et cela t’aidera également à gérer toutes les variantes que l’on connait de ces deux pas. Tu seras à l’aise avec différents types d’appuis, différentes utilisations des jambes et des hanches, etc…

Comment les identifier ?

Si malgré toutes ces explications, la différence te parait encore floue, voici quelques exemples de danseuses :

Taiana, utilise plus son ventre et l’accent n’est pas marqué sur les fesses mais plutôt sur l’avant du mouvement.
Moena, est la danseuse au centre au début et à la toute fin. Tu peux voir que son mouvement de hanche est différent des autres, plus en hauteur.
  • Moena Maiotui : plutôt fa’arori (mouvement en hauteur, peu fléchie, creuse assez peu le ventre, mouvement très rapide)
  • Taiana Mahinui : plutôt fa’arapu (mouvement ample, utilisation du ventre, bien fléchie)

Et voici quelques points à observer pour faire la différence :

  • le mouvement des hanches vu de dos
    • bassin qui fait une vague = fa’arapu
    • bassin qui donne un coup vers le haut : fa’arori
  • l’utilisation des genoux
    • la danseuse est bien fléchie = fa’arapu
    • la danseuse à les jambes presque tendues et les genoux bougent peu = fa’arori
  • l’utilisation du ventre
    • le ventre travaille de manière accentuée = fa’arapu
    • la danseuse ne passe presque pas devant = fa’arori

Tu peux retrouver toutes ces explications techniques en images dans la vidéo ci-dessous.

La différence entre ces deux pas est vraiment subtile et principalement due à la vitesse. Mais savoir les identifier et les exécuter indépendamment permet de peaufiner sa technique et gagner en précision.

Pour finir, sache que chaque danseuse à sa manière d’exécuter chaque mouvement. Chacune a son propre corps, ses facilités, sa souplesse, ses forces et tant d’autres choses qui font que personne n’a le même mouvement. Et même si avec du travail  (presque) tout devient possible, il est important de ne pas oublier qu’on ne pourra peut-être jamais avoir le même fa’arapu ou le même fa’arori que certaines grandes danseuses de ‘Ori Tahiti. Alors, challenge-toi, mais avant tout travaille pour toi et pour ce que cela t’apporte de positif.

Et toi, arrives-tu à faire la différence entre ces deux pas ? Lequel préfères-tu exécuter ?
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